Francisco Cerúndolo a enfin soulevé le trophée à Buenos Aires — là où la pression pèse le plus et où la joie est la plus intense.

Cerúndolo sacré à domicile : la finale de l’Argentina Open maîtrisée avec sang-froid et un plan parfait face à Darderi
L’Argentin a dominé Luciano Darderi 6-4, 6-2 pour remporter l’ATP 250 Argentina Open sur le court Guillermo Vilas du Buenos Aires Lawn Tennis Club. Il s’agissait de sa troisième finale dans ce tournoi. Cette fois, il ne l’a pas laissée filer.
Le score indique un match contrôlé. Mais la portée dépasse largement les chiffres.
Cerúndolo n’a pas seulement gagné un titre : il a refermé un cycle émotionnel entamé avec ses finales perdues en 2021 et 2025. Et il l’a fait avec maturité, lucidité et une exécution tactique qui a neutralisé l’arme principale de Darderi sur terre battue : le rythme.
Une finale influencée par les conditions
La pluie matinale avait ralenti la surface, rendant les échanges plus longs et valorisant la construction patiente des points.
Cerúndolo a parfaitement interprété ce contexte.
Il a choisi l’agressivité, mais une agressivité réfléchie. Pas de précipitation devant son public. Il a construit, attendu la bonne balle et évité l’erreur classique de vouloir trop bien faire trop vite à domicile.
Le premier tournant est arrivé tôt : break au troisième jeu. Puis un jeu clé de 18 points pour confirmer ce break, en sauvant deux balles de débreak. Ce moment a envoyé un message clair : il était prêt à travailler chaque point sans perdre l’initiative.
Le plan tactique : casser le tempo
Darderi est redoutable lorsqu’il trouve son rythme sur terre battue. S’il enchaîne les frappes lourdes et installe son timing, il devient dangereux.
Cerúndolo ne lui en a jamais laissé l’occasion.
Depuis la ligne de fond, il a alterné les directions et utilisé fréquemment l’amortie pour casser le rythme. Cette variation constante a obligé l’Italo-Argentin à douter entre avancer ou reculer.
Dans le premier set, Cerúndolo a frappé 16 coups gagnants — un chiffre significatif sur une surface lente. Il n’a pas attendu la faute adverse. Il a choisi ses moments pour attaquer.
C’est la différence entre jouer une finale et la gagner.
Le break décisif du deuxième set
Dans la deuxième manche, Cerúndolo a breaké d’entrée. Cet avantage initial lui a permis de gérer le match avec plus de sérénité.
Darderi a dû prendre davantage de risques. Sur terre battue, cela se traduit souvent par une hausse d’erreurs si la précision n’est pas parfaite.
Cerúndolo, lui, est resté discipliné. Son revers a fait des dégâts et sa gestion émotionnelle est restée stable jusqu’au bout. Il a conclu en 1h36 avec son 25e coup gagnant du match — une victoire sans tremblement.
« C’est ma maison »
Pour Cerúndolo, Buenos Aires est plus qu’un tournoi.
Il a grandi à moins de dix rues du club. Cette proximité donne une dimension particulière à la victoire.

Après le match, il a déclaré : « C’est ma maison et c’était toujours mon rêve de gagner ici… gagner avec mon public, c’est unique. »
Jouer à domicile, ce n’est pas seulement recevoir du soutien. C’est aussi porter l’attente. Cette fois, il a transformé cette pression en force.
L’analyse lucide de Darderi
Darderi est arrivé en finale avec une belle dynamique sur terre battue. Mais face à un adversaire capable de varier et de perturber le rythme, il n’a jamais totalement trouvé sa zone.
Après la rencontre, il a reconnu : « Mon erreur a été d’entrer sur le court pour jouer, plutôt que pour gagner. Il a attaqué davantage que moi et il mérite la victoire. »

Une déclaration honnête qui montre une volonté de progression.
Ce que cela signifie pour la tournée sud-américaine
À court terme, Cerúndolo remporte son quatrième titre ATP — le premier depuis Umag 2024 — et confirme son statut de référence argentine sur terre battue.
À moyen terme, le message est plus fort encore.
Depuis début 2024, Cerúndolo est le joueur avec le plus de victoires sur terre battue (46). Ce chiffre ne traduit pas un coup d’éclat, mais une constance.
À Buenos Aires, cette constance s’est enfin matérialisée par le trophée qui lui manquait.
Cerúndolo n’a pas simplement gagné une finale.
Il l’a maîtrisée.
